H o m m a g e :
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Carine
Koehler Quant
Une Veveysanne de
32 ans a succombé le 20 février 2005 à un accès de paludisme
cérébral foudroyant lors d’un voyage avec son mari au Malawi.
Afin que sa disparition ne reste pas vaine, sa famille endeuillée
choisit de s’engager dans la lutte contre ce fléau qui décime 3000
enfants par jour en Afrique.

Carine Koehler Quant, quelques semaines avant de
succomber des suites du paludisme
http://www.associationcarine.org
(association à présent dissoute)
       
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Philippe
Constantin, Directeur Artistique est mort du
paludisme en 1996
T é m o i g n a g e
s :
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Bonjour Nathalie
je trouve ton message (c'est la "tu" solidaire, j'espère que tu ne t'en
formaliseras pas...) après une journée de travail, je suis occupé au montage
d'un film que j'ai tourné en juin, dans la Chartreuse, et qui s'est on ne
peut mieux passé. Depuis "la maladie", déclarée chez moi début février 2009
après un séjour au Cameroun pour le tournage d'un autre film (puisque tu as
vu mon blog, tu sais sans doute quelles sont mes activités). Je m'étais fait
piquer plein de fois, le tournage s'étant déroulé dans les bas-fonds, très
humides et infestés et je n'avais pas apporté la garde-robe adéquate :
j'avais des shorts, des chemisettes....
J'étais à ce moment-là fragile, parce que fatigué après une année 2008 très
chargée, et j'étais rentré deux jours avant le départ pour Yaoundé d'un
autre tournage au Liban, sur le camp de Palestiniens réfugiés, Chatila de
sinistre mémoire après les massacres très connus de 1982.
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Après mon retour en France, et après avoir continué à prendre durant une
semaine (mais j'ai appris bien plus tard que j'aurais dû en prendre pendant
au moins trois semaines après le retour) le médicament préventif que je suis
habitué à prendre à chacun de mes séjours en Afrique Subsaharienne, la
Doxycycline, j'ai eu des coups de fatigue imprévisibles, puis des pertes
d'attention. J'étais rentré chez moi à Marseille où j'habitais alors, m'étais
livré à mes activités habituelles sans plus de difficultés que celles que
j'attribuais à ma fatigue accumulée, avant de me rendre à Cannes pour
entreprendre avec mon ami G, monteur, le commencement du montage de ce film
camerounais (sur la souveraineté alimentaire). Et c'est là que la fatigue
s'est transformée, absences plus fréquentes, baisse de mon acuité
intellectuelle, grande faiblesse généralisée... Mon ami chez qui je résidais
et travaillais m'a alors conseillé d'aller consulter son médecin de famille,
pas loin de chez lui. J'ai pris rendez-vous et m'y suis rendu le lendemain.
J'ai raconté ma petite histoire, ma grande fatigue, ai mentionné que j'étais
rentré récemment d'un séjour en Afrique... et cette praticienne a
diagnostiqué, après m'avoir ausculté, puis pris ma tension, ...une grippe !
Je la cite de mémoire : "Oui, c'est une grippe, tout le monde a la grippe en
ce moment" et elle m'a prescrit de l'aspirine et de la vitamine C.
Quelques jours après, je suis rentré à Marseille où d'autres activités
m'attendaient, notamment participer à une réunion d'information sur le
voyage que j'avais fait au Cameroun en compagnie d'un couple de paysans
français. Je devais filmer avec G cette réunion à laquelle j'avais invité
une amie, spécialiste notamment des questions d'alimentation dans le monde,
S G. J'avais décliné la veille au dernier moment l'invitation d'un amie très
proche qui fêtait ses 50 ans, j'avais même oublié où cette fête devait se
passer (dans une salle louée, loin de chez elle, et sur le tard je suis allé
sonner à sa porte, à très peu de distance de chez moi, où j'ai donc
évidemment trouvé porte close. Durant la réunion, j'avais demandé à G de
prendre la caméra, car je ne m'en sentais pas capable. Pourtant, au cours de
la réunion, je me suis levé et ai pris la parole, peu de temps mais
énergiquement malgré tout. Le lendemain, après avoir partagé un petit
déjeuner avec mon amie S à l'hôtel que j'avais réservé pour elle, je l'ai
raccompagnée à l'aéroport en voiture, elle rentrait chez elle à Paris.
J'avais encore des passages à vide, pas tout le temps, mais je les
attribuais toujours à la fatigue, en pestant de ne pas parvenir à m'en
remettre.
Deux jours plus tard, dont je n'ai pas gardé beaucoup de souvenirs sinon
celui que c'est à ce moment qu'est intervenue la douloureuse et brutale
conclusion d'une histoire amoureuse difficile, je suis parti à Paris où je
devais notamment rencontrer deux personnes d'une ONG qui avait financé mon
voyage au Cameroun.
En arrivant dans leur
bureau, je les ai prévenues de ma fatigue...
et ce qu'il me reste comme souvenir, c'est que j'ai été
incohérent, suscitant la surprise de mes interlocutrices, puis que je me
suis excusé et suis parti sans demander mon reste. En sortant de l'immeuble,
je ne savais plus où je devais aller, où était le métro, plus rien. J'ai eu
la chance de trouver un taxi, j'ai pu indiquer au chauffeur l'adresse de
l'hôtel ou j'avais pris une chambre, près de la République, et là, je me
suis couché, puis endormi rapidement. Le lendemain, un samedi, j'avais
rendez-vous avec une amie, M, pour prendre un brunch. Suis-je allé chez elle
? Est-elle venue me retrouver à l'hôtel ? Je n'ai eu la réponse à cette
interrogation que bien longtemps plus tard. Et le lendemain, le dimanche, il
était question que je dîne avec C, la maman de mon fils dont je suis divorcé
depuis 19xx mais avec qui j'ai conservé de très bonnes relations. Elle
devait aller au théâtre en début de soirée, et au téléphone, nous étions
convenus que sans doute, si elle n'avait pas trop sommeil en sortant, elle
viendrait me retrouver quelque part le soir pour aller dîner. J'étais
toujours dans cette chambre d'hôtel. A un moment dans l'après-midi, alors
que je sentais de plus en plus mal, je lui ai laissé un message sur le
répondeur de son portable, lui disant que je me sentais très mal et je lui
demandais sans doute de façon pressante de venir me voir dès que possible à
l'hôtel dont je lui donnais le nom et l'adresse.
C'est alors que tout s'est accéléré : C est venue, elle m'a vu dans un sale
état, et sachant que j'étais rentré d'Afrique depuis peu, et connaissant
elle-même le paludisme pour en avoir attrapé une forme relativement bénigne
quelques années auparavant, elle a tout de suite pensé que je pouvais avoir
une crise. Elle a donc pris mes affaires, appelé un taxi, je me souviens à
peu près que j'ai demandé à la réception de l'hôtel si je pouvais avoir un
thé, et nous sommes partis aux urgences de l'hôpital de la Pitié-Salpétrière.
La suite, je ne la connais que parce que C me l'a racontée, j'ai été
accueilli, on m'a fait le teste de goutte épaisse, puis d'autres examens. C
qui patientait dans la salle d'attente, croyait qu'on me donnerait un
traitement, puis qu'elle me raccompagnerait chez elle où je serais mieux
qu'à l'hôtel pour me rétablir, en un jour ou deux, comme elle-même s'était
rétablie lors de sa maladie. Et au bout d'une heure ou deux, finalement, on
a prévenu C que je rentrerais pas avec elle chez elle, mais que le service
des urgences avait appelé le Samu, après avoir constaté qu'il n'y avait pas
de place pour me garder, pour me conduire au service de réanimation de
Cochin. Il paraît que j'ai parlé avec l'infirmier du Samu quand on m'a
emmené, et même que j'ai répondu aux questions de l'interne de garde de
Cochin à mon arrivée. Je n'ai gardé aucun souvenir de ces moments... et je
ne me suis réveillé que 10 jours plus tard du coma dans lequel je suis tombé
cette nuit-là, dans la chambre 2 de la Réa de Cochin.
La suite serait très longue à décrire. L'essentiel pour moi est que je suis
guéri et que j'ai recouvré la quasi totalité de mes capacités... et sans
doute aussi que j'ai rencontré un nouvel amour !
A mon réveil, le temps que je reprenne mes esprits (temps très long, que
j'évalue à deux semaines au moins après la sortie "médicale" du coma), j'ai
compris que j'allais guérir, que la maladie avait été jugulée. Encore plus
tard, j'ai appris que pendant cette longue semaine, les médecins avaient dit
à mes proches (C, notre fils J, mes sœurs et quelques amis intimes) que "le
pronostic vital avait été engagé", ce qui veut dire que j'étais entre la vie
et la mort. Et bien plus tard, le parasitologue de Cochin que je suis
retourné voir pour des visites de "suivi", m'a dit que pendant trois jours,
durant le coma, l'ensemble du corps médical qui s'occupait de moi avait cru
que je ne m'en sortirais pas. Une des médecins, N D, qui me soignait à la
Réa de Cochin (où je suis resté deux mois) m'a expliqué un jour, alors que
j'avais retrouvé la majeure partie de ma lucidité, que le "pronostic vital"
est engagé lorsque le taux d'invasion du parasite atteignait 5 %, et que
dans mon cas il avait été mesuré à 20 %. Mais lorsque ces informations m'ont
été données, elle m'avait déjà annoncé que j'étais tiré d'affaire, guéri du
paludisme, mais que du fait cette forme-là, le "neuropaludisme", j'allais
mettre du temps à m'en remettre. Je ne savais pas bien ce que ça voulait
dire, mais je constatais qu'allongé sur ce lit d'hôpital, je ne pouvais pas
me lever, ni bouger mes deux bras ou tellement peu, que ma voix s'était
envolée, à peine pouvais-je murmurer quelques mots à voix très basse. Après
ces deux mois (7 semaine et demi exactement), et après aussi des recherches
apparemment difficiles, j'ai été admis dans un hôpital spécialisé dans la
réadaptation, "l'Adapt" à Soisy-sur-Seine, près d'Evry, où je suis resté 3
mois et demi avant d'y revenir admis en ambulatoire trois jours par semaine
pour encore un autre mois, puis y avoir refait un séjour un mois après en
être sorti.
Aujourd'hui, il y a presque un an que j'ai quitté l'univers hospitalier. Je
vais bien. Mais j'ai encore mis des mois avant de pouvoir retrouver une
activité "normale", et si j'ai refait depuis lors deux nouveaux séjours en
Afrique (l'un en décembre 2009, au Burkina-Faso pour parachever le tournage
d'un autre film, l'autre en février de cette année, à l'invitation de mon
amie S, pour visiter les réserves animalières de Tanzanie), si je me
convaincs chaque jour que "c'est fini", que la maladie est désormais
derrière moi, je sais bien qu'il m'en reste des traces. Je continue à aller
régulièrement chez un kiné pour retrouver la totalité de la mobilité de mon
bras gauche, et surtout je ne peux pas me défaire de cette fatigue qui me
prend chaque jour, je n'arrive pas à rassembler mes capacités de
concentration aussi longtemps qu'auparavant, je me surprends à commettre des
erreurs d'inattention fréquemment (et des fautes de frappe sur le clavier de
l'ordinateur, ce qui m'oblige à me relire à chaque ligne), à ne pas avoir
toute la maîtrise de mes geste... Les médecins ont eu l'amabilité de me
rappeler que je n'ai plus 20 ans et qu'à mon âge (58 ans), je dois me faire
à l'idée que l'on ne se rétablit pas aussi vite que quand on est jeune... Il
me faudrait attendre la patience, mais je n'y parviens pas très bien. Mais
je vis une vie normal, je suis en train de retrouver une activité qui me va,
d'avancer dans mon travail, de reconstruire mon économie personnelle qui en
a pris un grand coup : un an et plus sans travailler, compte tenu de mon
statut d'intermittent du spectacle ayant perdu le droit à l'indemnisation
juste quelques mois avant la maladie, c'est une pente difficile à remonter.
Je termine ce récit (mais il y aurait encore tant à dire !) en insistant sur
le fait que j'ai été magnifiquement soigné par tout le corps médical et
paramédical, d'un bout à l'autre de sa hiérarchie, des grands patrons au
personnel de service et de ménage sans distinction, très humainement aussi,
et que je crois devoir énormément à toutes les personnes de ma famille et à
tous/toutes mes ami(e)s qui m'ont apporté tant d'amour et de soutien et qui
continuent à le faire aujourd'hui. Je n'aurai jamais assez de "merci" pour
exprimer toute cette gratitude.
Merci aussi, Nathalie, de m'avoir offert cette opportunité d'écrire ces
lignes. Elles complètent le travail que j'ai fait, après la sortie de
l'hôpital, avec un psychothérapeute qui m'a aussi beaucoup aidé à refaire
surface.
Bien cordialement et avec toutes mes très sincères félicitations et mes
remerciements pour ce que tu fais avec ton site Internet...
Denys
http://denyspiningre.blogspot.com/
juillet 2010
       
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Sent: Wednesday, March 11, 20xx 1:10 PM
Subject: URGENT INFO +
URGENT
Nathalie,
Pouvez-vous m'aider, je viens d'apprendre que mon frère en voyage au
Cambodge vient d'être admis en urgence car il a contracté la Malaria la +
sévère
Le type est : PL FALCI +++
Faut il que je me rende immédiatement au Cambodge car il ne peut pas être
rapatrié d'urgence ?
Il est hospitalisé à la CT CLINIC SIH ANOUKVILLE chez le DR Lxx Kxx Hxxx
mais je n'arrive pas à établir un contact téléphonique.
Si vous avez un réseau mondial, pouvez-vous svp me dire qui je px contacter
dans cette clinique qui parle soit français ou en anglais et pourrait me
renseigner
Merci de votre aide
Lxxxx
----
At 10:21 AM 3/13/20xx +0700, R B wrote:
Bonjour,
Nous avons pu localiser le frère de Madame qui est ressortissant belge,
M.xxxxxx et qui va mieux.
Vous pouvez contacter le dr xxx de CT Clinic 00 xxx xx xxx xxx.
Je mets en copie de ce courriel le consul honoraire de Belgique dont le
courriel est : xxxxx
Bien à vous
Xx Xx
Consul de France
Ambassade de France au Cambodge
Tél: xxx xxx xxx
Télécopie : x
courriel :
x@diplomatie.gouv.fr
Subject:
RE: URGENT paludisme
Bien reçu,
J'informe également l'Ambassade de Belgique a Bangkok.
Pour ma part, je serai à Sxx Rxx jusque dimanche matin.
Cordialement,
x x
Consul honoraire de Belgique
       
Subject: congolais devenu paludéen
Bonjour Nathalie,
Ayant vécu la même histoire, ton récit m’a beaucoup
bouleversé !!!
En plus, je suis né un x x 1967 à BRAZZAVILLE !?
Je réside à Mx.
Je te laisse mes coordonnées, au cas ou tu souhaiterais qu’on parle de
tout ça.
Lx Mx
@ : xx
A bientôt et encore bon courage
       

http://www.routard.com/forum_message/1402294/anti_palud_artemisia.htm#1435408
(...)
Quant à tes exemples ,je peut te citer l'exemple également du
propriétaire de l'hibiscus à WARANG mort en 48H devant nous tous, ALAIN
un toubab de SOMONE mort en 48H, ou encore ATILIO GERANT du
bougainvillier à Nianing terrassé en 48H par un faciporium rapatrié en
allemagne,aujourdhui,cerveau atteint et paralysé sur un fauteuil
roulant.UN PALU mal traité,mal décelé et mal soigné,devient un NEURO
PALU,un Palu touchant le cerveau.En medecine on appelle cela des
faits,et jamais en medecine l'exeption ne fait regle.
(...)
Médecin pour l'ONG ENDA TIERS-MONDE
|
A
c t u a l i t é s :


 M
E D I C A L
:
-
Neuropaludisme
Voir également paludisme
Synonyme : Accès pernicieux, fièvre pernicieuse
En anglais : pernicious malaria, severe malaria.
Manifestation grave mais rare, quelquefois mortelle
survenant après une infestation par le plasmodium falciparum (le plus
souvent), parasite transmis par l'anophèle femelle, moustique responsable du
paludisme.
L'accès pernicieux appelé aussi neuropaludisme (touchant le
système nerveux) est la forme grave du paludisme. En effet le plasmodium
falciparum qui est le parasite transmis par les moustiques femelles de type
anophèle, à l'origine du paludisme, est susceptible d'atteindre le cerveau. Ce
sont les enfants qui en sont le plus souvent atteints. Les femmes enceintes en
zone d'endémie et le voyageur sans immunité anti palustre (contre le
paludisme) sont également susceptibles de présenter cette pathologie.
Le neuropaludisme se caractérise par un syndrome (ensemble de symptômes)
pernicieux (très graves) dont le début est fréquemment brutal :
Adynamie (le patient ne bouge plus)
Prostration (affaiblissement extrême des forces musculaires obligeant le
patient à s'immobiliser)
Asthénie intense (grande fatigue)
Collapsus (impossibilité pour certains organes de fonctionner normalement,
c'est le cas entre autres de la circulation sanguine et du cœur)
Troubles digestifs (nausées, vomissements, diarrhées) à l'origine d'une
déshydratation (perte importante de liquide) entraînant...
Anurie (absence d'urine)
Hyperazotémie (élévation du taux d'azote provenant de la dégradation,
destruction des protéines du patient lui-même, dans le sang)
Sueurs froides
Cyanose (coloration des tissus, de la peau en bleu-violet traduisant la
diminution de l'arrivée de l'oxygène)
Refroidissement intense des extrémités (mains pieds)
Hyperthermie (élévation de la température) importante
Hypoglycémie (diminution du taux de glucose dans le sang)
Anémie sévère
Évolution
Des troubles neurologiques à type de troubles de la conscience et de
convulsions peuvent survenir, ils peuvent aller jusqu'au coma. Au départ il
s'agit de simple tremblements, de délire et d'une fièvre très élevée. Dans ce
cas le pronostic de la maladie est moins favorable.
Le traitement de l'accès pernicieux (qui est mortel le plus souvent) fait
appel à la quinine injectée directement dans la circulation sanguine par voie
intraveineuse en milieu hospitalier. Sans traitement convenablement conduit,
la mortalité est de 20 %. Le patient peut également présenter des séquelles
neurologiques définitives surtout chez l'enfant.
Révisé le 01/01/2003
       

Malaria et paludisme sont les deux
termes compris partout, et les plus communément utilisés pour désigner la
maladie dont nous parlons. De ces deux vocables, le premier impose à l’esprit
l’idée du mauvais air, l’autre celle des marais, c’est à dire les deux causes
étiologiques invoquées depuis des siècles pour expliquer les fièvres périodiques
que nous identifions aujourd’hui au paludisme. Il était naturel, étant donné la
fréquence de la maladie en Italie et les nombreuses observations qui y ont été
faites, que la référence au « mauvais air » ait trouvé son expression dans ce
pays. Il semble que ce soit au Moyen Age que les deux mots mala et aria ont été
réunis, en un seul, malaria, qui ne désignait d’ailleurs pas la maladie mais la
cause la provoquant (47).
Le terme s’est maintenu jusqu’à nos jours en langue anglaise. D’après les
recherches de P.F. Russel (en 1955), le mot malaria aurait été écrit pour la
première fois « en anglais » en 1740 par Horace Walpole à l’occasion d’un voyage
en Italie et pour désigner la cause d’une « mortalité » annuelle et c’est
seulement en 1743 qu’il serait apparu dans un texte médical italien publié à
Rome par F. Jacquier. Mais le Dictionary of English Language, dans son
édition de 1827, ne fait pas encore figurer le mot malaria. Et c’est Macculloch
(1775-1835) qui fut vraisemblablement le premier auteur médical anglais à
utiliser le terme, qu’il déclare emprunter à l’italien, dans son ouvrage, écrit
en 1828, intitulé Malaria ; an essay on the production and propagation of
this poison (51).
Le mot malaria est ici employé dans le sens d’une substance chimique
provoquant la maladie.
Il s’agit là d’une référence assez
précise, par contre, il est difficile de savoir à quelle date exacte
« paludisme » est entré dans la langue française.

Le paludisme
Le Dictionnaire de l’Académie
Française par J. B. Coignard en 1694 mentionne bien marais et « marescage »,
mais il ne comprend ni « palus », ni « palud ». Alors que le Dictionnaire de
l’ancienne langue française par Godefroy (1888) fait dater « palustreuse »
de 1485, « paludeux » de 1491, « palustre » de 1528, « paludineux » de 1530. Le
Dictionnaire étymologique de Dauzat (1958) indique 1505 pour
« palustre ».
Il s’agit toujours pour chacune de
ces expressions soit de ce qui a trait à la nature du marécage, soit encore de
ce qui y vit ou croît (hommes, plantes). Il ne sera pas question avant longtemps
de maladie pouvant avoir un rapport avec le « palud ».
Ce n’est qu’aux environ de 1840
que l’adjectif « paludéen » commence à apparaître dans la littérature médicale
associé à fièvre ou maladie. Ce n’est en 1851 que le Nouveau Dictionnaire
lexicographique et descriptif des Sciences Médicales et Vétérinaires (Raige-Delorme,
Boulet, Daremberg) inclut « paludéen » avec la définition suivante :
Paludéen, adj. (de palus,
marais) : qui à rapport aux marais, qui est causé par les effluves marécageux ;
miasmes paludéens ; affections, fièvres paludéennes.
Le mot paludéen n’est admis à
l’Académie Française qu’en 1878 en même temps que son synonyme « palustre ».
Quant au mot « paludisme », il n’apparaît toujours pas. Par exemple, il n’existe
pas dans le Grand Dictionnaire Universel de Pierre Larousse de 1874.
En revanche, « impaludisme » que
l’on commence à lire dans les rapports médicaux et les communications à partir
de 1846, est défini en 1873 comme un « état général de l’économie, avec
prédisposition aux affections intermittentes de la rate, amené par les séjours
dans les marais. V. Paludéen. » (Dictionnaire de la Médecine, E. Littré
et Charles Robin, 1873).
Il faudra attendre 1857, date à
laquelle on retrouve le mot paludisme sous la plume de F. Jacquot, médecin
militaire appartenant au Corps d’Occupation des Etats Romains. Mais pour lui, le
terme paludisme semble toujours (comme impaludisme) se rapporter plutôt à la
cause provoquant les fièvres intermittentes qu’à la maladie elle-même. C’est
ainsi qu’en 1861, J. A. Laure en Guyane, à propos de la fièvre jaune, dit
qu’elle peut être « liée au paludisme ».
En 1867, A. Verneuil, chirurgien
de l’hôpital Lariboisière, parlant au Congrès international de Médecine de Paris
des patients, dit : « ..l’opéré est (…) imprégné d’un poison comme dans la
syphilis, le paludisme, la diphtérie, les fièvres éruptives et typhoïdes… ».
Et voici le paludisme inclus, sous
ce nom, en tant que maladie parmi d’autres affections déjà reconnues.
En 1881, toujours Verneuil, dans
une série d’articles publiés dans la Revue de chirurgie, dit à propos des
divers synonymes employés, (fièvre intermittente, fièvre palustre, paludisme,
impaludisme, malaria, tellurisme), qu’il préfère le terme paludisme comme plus
court et plus clair et parce qu’il est possible d’en tirer le mot paludique qui
s’applique aux personnes et aux choses. Toutefois, en cette même année 1881,
dans deux communications à l’Académie des Sciences et à l’Académie de Médecine,
Alphonse Laveran continue d’employer fièvre palustre et impaludisme.
En 1884 enfin, dans son Traité
des fièvres palustres avec descriptions des microbes du paludisme, Laveran
écrivait dans son introduction :
« Les mots paludisme,
paludique, qui ont été adoptés par Monsieur le professeur Verneuil (…) me
paraissent excellents pour désigner l’ensemble des troubles morbides produits
par les microbes des fièvres palustres et les maladies qui sont sous le coup de
ces troubles morbides ».
En 1907, il souhaitait dans son
Traité du paludisme que le mot paludisme soit employé de préférence à ses
nombreux synonymes. Il écrivait : « Le mot paludisme a été préconisé par
Verneuil. (…) Il est devenu familier au public médical et je l’ai inscrit sans
hésiter en tête de ce livre ».
De fait, à cette date, le mot
paludisme était déjà entré dans l’histoire de la médecine tropicale.
La date officielle, sanctionnée
par les dictionnaires, de l’entrée du mot dans la langue française est fixée à
l’année 1884. Il apparaît dans le Dictionnaire Encyclopédique de A.
Dechambre
Il fallut toutefois attendre 1920
et la 7° édition du Dictionnaire des termes techniques de Médecine
par M. Garnier et V. Delamare pour voir accolé au mot paludisme le nom de A.
Verneuil, le chirurgien auquel revient le mérite de l’avoir préconisé et fait
adopté par Laveran lui-même.
H. H. Scott écrit au sujet de
« l’appellation » de la maladie, dans son Histoire de la médecine tropicale
parue en 1939, que le nom de malaria, utilisé depuis longtemps en anglais est la
perpétuation d’une erreur, car la maladie n’a aucun rapport avec le « mauvais
air » et que l’autre nom paludisme est également une erreur, car il y a des
marais sans paludisme et en beaucoup d’endroits du paludisme sans marais.

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Musique : The White Massai de
Niki REISER : The
Malaria / achetée sur VIRGINMEGA.FR
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