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Bonjour Nathalie |
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Après mon retour en France, et après avoir continué à prendre durant une
semaine (mais j'ai appris bien plus tard que j'aurais dû en prendre pendant
au moins trois semaines après le retour) le médicament préventif que je suis
habitué à prendre à chacun de mes séjours en Afrique Subsaharienne, la
Doxycycline, j'ai eu des coups de fatigue imprévisibles, puis des pertes
d'attention. J'étais rentré chez moi à Marseille où j'habitais alors, m'étais
livré à mes activités habituelles sans plus de difficultés que celles que
j'attribuais à ma fatigue accumulée, avant de me rendre à Cannes pour
entreprendre avec mon ami G, monteur, le commencement du montage de ce film
camerounais (sur la souveraineté alimentaire). Et c'est là que la fatigue
s'est transformée, absences plus fréquentes, baisse de mon acuité
intellectuelle, grande faiblesse généralisée... Mon ami chez qui je résidais
et travaillais m'a alors conseillé d'aller consulter son médecin de famille,
pas loin de chez lui. J'ai pris rendez-vous et m'y suis rendu le lendemain.
J'ai raconté ma petite histoire, ma grande fatigue, ai mentionné que j'étais
rentré récemment d'un séjour en Afrique... et cette praticienne a
diagnostiqué, après m'avoir ausculté, puis pris ma tension, ...une grippe !
Je la cite de mémoire : "Oui, c'est une grippe, tout le monde a la grippe en
ce moment" et elle m'a prescrit de l'aspirine et de la vitamine C. Deux jours plus tard, dont je n'ai pas gardé beaucoup de souvenirs sinon celui que c'est à ce moment qu'est intervenue la douloureuse et brutale conclusion d'une histoire amoureuse difficile, je suis parti à Paris où je devais notamment rencontrer deux personnes d'une ONG qui avait financé mon voyage au Cameroun. En arrivant dans leur bureau, je les ai prévenues de ma fatigue... et ce qu'il me reste comme souvenir, c'est que j'ai été incohérent, suscitant la surprise de mes interlocutrices, puis que je me suis excusé et suis parti sans demander mon reste. En sortant de l'immeuble, je ne savais plus où je devais aller, où était le métro, plus rien. J'ai eu la chance de trouver un taxi, j'ai pu indiquer au chauffeur l'adresse de l'hôtel ou j'avais pris une chambre, près de la République, et là, je me suis couché, puis endormi rapidement. Le lendemain, un samedi, j'avais rendez-vous avec une amie, M, pour prendre un brunch. Suis-je allé chez elle ? Est-elle venue me retrouver à l'hôtel ? Je n'ai eu la réponse à cette interrogation que bien longtemps plus tard. Et le lendemain, le dimanche, il était question que je dîne avec C, la maman de mon fils dont je suis divorcé depuis 19xx mais avec qui j'ai conservé de très bonnes relations. Elle devait aller au théâtre en début de soirée, et au téléphone, nous étions convenus que sans doute, si elle n'avait pas trop sommeil en sortant, elle viendrait me retrouver quelque part le soir pour aller dîner. J'étais toujours dans cette chambre d'hôtel. A un moment dans l'après-midi, alors que je sentais de plus en plus mal, je lui ai laissé un message sur le répondeur de son portable, lui disant que je me sentais très mal et je lui demandais sans doute de façon pressante de venir me voir dès que possible à l'hôtel dont je lui donnais le nom et l'adresse. C'est alors que tout s'est accéléré : C est venue, elle m'a vu dans un sale état, et sachant que j'étais rentré d'Afrique depuis peu, et connaissant elle-même le paludisme pour en avoir attrapé une forme relativement bénigne quelques années auparavant, elle a tout de suite pensé que je pouvais avoir une crise. Elle a donc pris mes affaires, appelé un taxi, je me souviens à peu près que j'ai demandé à la réception de l'hôtel si je pouvais avoir un thé, et nous sommes partis aux urgences de l'hôpital de la Pitié-Salpétrière. La suite, je ne la connais que parce que C me l'a racontée, j'ai été accueilli, on m'a fait le teste de goutte épaisse, puis d'autres examens. C qui patientait dans la salle d'attente, croyait qu'on me donnerait un traitement, puis qu'elle me raccompagnerait chez elle où je serais mieux qu'à l'hôtel pour me rétablir, en un jour ou deux, comme elle-même s'était rétablie lors de sa maladie. Et au bout d'une heure ou deux, finalement, on a prévenu C que je rentrerais pas avec elle chez elle, mais que le service des urgences avait appelé le Samu, après avoir constaté qu'il n'y avait pas de place pour me garder, pour me conduire au service de réanimation de Cochin. Il paraît que j'ai parlé avec l'infirmier du Samu quand on m'a emmené, et même que j'ai répondu aux questions de l'interne de garde de Cochin à mon arrivée. Je n'ai gardé aucun souvenir de ces moments... et je ne me suis réveillé que 10 jours plus tard du coma dans lequel je suis tombé cette nuit-là, dans la chambre 2 de la Réa de Cochin. La suite serait très longue à décrire. L'essentiel pour moi est que je suis guéri et que j'ai recouvré la quasi totalité de mes capacités... et sans doute aussi que j'ai rencontré un nouvel amour ! A mon réveil, le temps que je reprenne mes esprits (temps très long, que j'évalue à deux semaines au moins après la sortie "médicale" du coma), j'ai compris que j'allais guérir, que la maladie avait été jugulée. Encore plus tard, j'ai appris que pendant cette longue semaine, les médecins avaient dit à mes proches (C, notre fils J, mes sœurs et quelques amis intimes) que "le pronostic vital avait été engagé", ce qui veut dire que j'étais entre la vie et la mort. Et bien plus tard, le parasitologue de Cochin que je suis retourné voir pour des visites de "suivi", m'a dit que pendant trois jours, durant le coma, l'ensemble du corps médical qui s'occupait de moi avait cru que je ne m'en sortirais pas. Une des médecins, N D, qui me soignait à la Réa de Cochin (où je suis resté deux mois) m'a expliqué un jour, alors que j'avais retrouvé la majeure partie de ma lucidité, que le "pronostic vital" est engagé lorsque le taux d'invasion du parasite atteignait 5 %, et que dans mon cas il avait été mesuré à 20 %. Mais lorsque ces informations m'ont été données, elle m'avait déjà annoncé que j'étais tiré d'affaire, guéri du paludisme, mais que du fait cette forme-là, le "neuropaludisme", j'allais mettre du temps à m'en remettre. Je ne savais pas bien ce que ça voulait dire, mais je constatais qu'allongé sur ce lit d'hôpital, je ne pouvais pas me lever, ni bouger mes deux bras ou tellement peu, que ma voix s'était envolée, à peine pouvais-je murmurer quelques mots à voix très basse. Après ces deux mois (7 semaine et demi exactement), et après aussi des recherches apparemment difficiles, j'ai été admis dans un hôpital spécialisé dans la réadaptation, "l'Adapt" à Soisy-sur-Seine, près d'Evry, où je suis resté 3 mois et demi avant d'y revenir admis en ambulatoire trois jours par semaine pour encore un autre mois, puis y avoir refait un séjour un mois après en être sorti. Aujourd'hui, il y a presque un an que j'ai quitté l'univers hospitalier. Je vais bien. Mais j'ai encore mis des mois avant de pouvoir retrouver une activité "normale", et si j'ai refait depuis lors deux nouveaux séjours en Afrique (l'un en décembre 2009, au Burkina-Faso pour parachever le tournage d'un autre film, l'autre en février de cette année, à l'invitation de mon amie S, pour visiter les réserves animalières de Tanzanie), si je me convaincs chaque jour que "c'est fini", que la maladie est désormais derrière moi, je sais bien qu'il m'en reste des traces. Je continue à aller régulièrement chez un kiné pour retrouver la totalité de la mobilité de mon bras gauche, et surtout je ne peux pas me défaire de cette fatigue qui me prend chaque jour, je n'arrive pas à rassembler mes capacités de concentration aussi longtemps qu'auparavant, je me surprends à commettre des erreurs d'inattention fréquemment (et des fautes de frappe sur le clavier de l'ordinateur, ce qui m'oblige à me relire à chaque ligne), à ne pas avoir toute la maîtrise de mes geste... Les médecins ont eu l'amabilité de me rappeler que je n'ai plus 20 ans et qu'à mon âge (58 ans), je dois me faire à l'idée que l'on ne se rétablit pas aussi vite que quand on est jeune... Il me faudrait attendre la patience, mais je n'y parviens pas très bien. Mais je vis une vie normal, je suis en train de retrouver une activité qui me va, d'avancer dans mon travail, de reconstruire mon économie personnelle qui en a pris un grand coup : un an et plus sans travailler, compte tenu de mon statut d'intermittent du spectacle ayant perdu le droit à l'indemnisation juste quelques mois avant la maladie, c'est une pente difficile à remonter. Je termine ce récit (mais il y aurait encore tant à dire !) en insistant sur le fait que j'ai été magnifiquement soigné par tout le corps médical et paramédical, d'un bout à l'autre de sa hiérarchie, des grands patrons au personnel de service et de ménage sans distinction, très humainement aussi, et que je crois devoir énormément à toutes les personnes de ma famille et à tous/toutes mes ami(e)s qui m'ont apporté tant d'amour et de soutien et qui continuent à le faire aujourd'hui. Je n'aurai jamais assez de "merci" pour exprimer toute cette gratitude. Merci aussi, Nathalie, de m'avoir offert cette opportunité d'écrire ces lignes. Elles complètent le travail que j'ai fait, après la sortie de l'hôpital, avec un psychothérapeute qui m'a aussi beaucoup aidé à refaire surface. Bien cordialement et avec toutes mes très sincères félicitations et mes remerciements pour ce que tu fais avec ton site Internet... Denys http://denyspiningre.blogspot.com/ juillet 2010
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Sent: Wednesday, March 11, 20xx 1:10 PM
---- Bien reçu,
Subject: congolais devenu paludéen
Bonjour Nathalie, Ayant vécu la même histoire, ton récit m’a beaucoup
bouleversé !!! Lx Mx A bientôt et encore bon courage |
A
c t u a l i t é s :![]()

Révisé le 01/01/2003 La malariaMalaria et paludisme sont les deux
termes compris partout, et les plus communément utilisés pour désigner la
maladie dont nous parlons. De ces deux vocables, le premier impose à l’esprit
l’idée du mauvais air, l’autre celle des marais, c’est à dire les deux causes
étiologiques invoquées depuis des siècles pour expliquer les fièvres périodiques
que nous identifions aujourd’hui au paludisme. Il était naturel, étant donné la
fréquence de la maladie en Italie et les nombreuses observations qui y ont été
faites, que la référence au « mauvais air » ait trouvé son expression dans ce
pays. Il semble que ce soit au Moyen Age que les deux mots mala et aria ont été
réunis, en un seul, malaria, qui ne désignait d’ailleurs pas la maladie mais la
cause la provoquant (47). Il s’agit là d’une référence assez précise, par contre, il est difficile de savoir à quelle date exacte « paludisme » est entré dans la langue française.
Le Dictionnaire de l’Académie Française par J. B. Coignard en 1694 mentionne bien marais et « marescage », mais il ne comprend ni « palus », ni « palud ». Alors que le Dictionnaire de l’ancienne langue française par Godefroy (1888) fait dater « palustreuse » de 1485, « paludeux » de 1491, « palustre » de 1528, « paludineux » de 1530. Le Dictionnaire étymologique de Dauzat (1958) indique 1505 pour « palustre ». Il s’agit toujours pour chacune de ces expressions soit de ce qui a trait à la nature du marécage, soit encore de ce qui y vit ou croît (hommes, plantes). Il ne sera pas question avant longtemps de maladie pouvant avoir un rapport avec le « palud ». Ce n’est qu’aux environ de 1840 que l’adjectif « paludéen » commence à apparaître dans la littérature médicale associé à fièvre ou maladie. Ce n’est en 1851 que le Nouveau Dictionnaire lexicographique et descriptif des Sciences Médicales et Vétérinaires (Raige-Delorme, Boulet, Daremberg) inclut « paludéen » avec la définition suivante : Paludéen, adj. (de palus, marais) : qui à rapport aux marais, qui est causé par les effluves marécageux ; miasmes paludéens ; affections, fièvres paludéennes. Le mot paludéen n’est admis à l’Académie Française qu’en 1878 en même temps que son synonyme « palustre ». Quant au mot « paludisme », il n’apparaît toujours pas. Par exemple, il n’existe pas dans le Grand Dictionnaire Universel de Pierre Larousse de 1874. En revanche, « impaludisme » que l’on commence à lire dans les rapports médicaux et les communications à partir de 1846, est défini en 1873 comme un « état général de l’économie, avec prédisposition aux affections intermittentes de la rate, amené par les séjours dans les marais. V. Paludéen. » (Dictionnaire de la Médecine, E. Littré et Charles Robin, 1873). Il faudra attendre 1857, date à laquelle on retrouve le mot paludisme sous la plume de F. Jacquot, médecin militaire appartenant au Corps d’Occupation des Etats Romains. Mais pour lui, le terme paludisme semble toujours (comme impaludisme) se rapporter plutôt à la cause provoquant les fièvres intermittentes qu’à la maladie elle-même. C’est ainsi qu’en 1861, J. A. Laure en Guyane, à propos de la fièvre jaune, dit qu’elle peut être « liée au paludisme ». En 1867, A. Verneuil, chirurgien de l’hôpital Lariboisière, parlant au Congrès international de Médecine de Paris des patients, dit : « ..l’opéré est (…) imprégné d’un poison comme dans la syphilis, le paludisme, la diphtérie, les fièvres éruptives et typhoïdes… ». Et voici le paludisme inclus, sous ce nom, en tant que maladie parmi d’autres affections déjà reconnues. En 1881, toujours Verneuil, dans une série d’articles publiés dans la Revue de chirurgie, dit à propos des divers synonymes employés, (fièvre intermittente, fièvre palustre, paludisme, impaludisme, malaria, tellurisme), qu’il préfère le terme paludisme comme plus court et plus clair et parce qu’il est possible d’en tirer le mot paludique qui s’applique aux personnes et aux choses. Toutefois, en cette même année 1881, dans deux communications à l’Académie des Sciences et à l’Académie de Médecine, Alphonse Laveran continue d’employer fièvre palustre et impaludisme. En 1884 enfin, dans son Traité des fièvres palustres avec descriptions des microbes du paludisme, Laveran écrivait dans son introduction : « Les mots paludisme, paludique, qui ont été adoptés par Monsieur le professeur Verneuil (…) me paraissent excellents pour désigner l’ensemble des troubles morbides produits par les microbes des fièvres palustres et les maladies qui sont sous le coup de ces troubles morbides ». En 1907, il souhaitait dans son Traité du paludisme que le mot paludisme soit employé de préférence à ses nombreux synonymes. Il écrivait : « Le mot paludisme a été préconisé par Verneuil. (…) Il est devenu familier au public médical et je l’ai inscrit sans hésiter en tête de ce livre ». De fait, à cette date, le mot paludisme était déjà entré dans l’histoire de la médecine tropicale. La date officielle, sanctionnée par les dictionnaires, de l’entrée du mot dans la langue française est fixée à l’année 1884. Il apparaît dans le Dictionnaire Encyclopédique de A. Dechambre Il fallut toutefois attendre 1920 et la 7° édition du Dictionnaire des termes techniques de Médecine par M. Garnier et V. Delamare pour voir accolé au mot paludisme le nom de A. Verneuil, le chirurgien auquel revient le mérite de l’avoir préconisé et fait adopté par Laveran lui-même. H. H. Scott écrit au sujet de « l’appellation » de la maladie, dans son Histoire de la médecine tropicale parue en 1939, que le nom de malaria, utilisé depuis longtemps en anglais est la perpétuation d’une erreur, car la maladie n’a aucun rapport avec le « mauvais air » et que l’autre nom paludisme est également une erreur, car il y a des marais sans paludisme et en beaucoup d’endroits du paludisme sans marais.
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Musique : The White Massai de
Niki REISER : The
Malaria / achetée sur VIRGINMEGA.FR
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