Le Paludisme est une maladie fébrile due à un parasite du genre Plasmodium qui se transmet à l'homme par la piqûre d'un moustique femelle appelé " anophèle ".
       
C'est une maladie très ancienne et on pense que l'homme préhistorique a dû en souffrir. La maladie est probablement originaire d'Afrique et a suivi les migrations humaines vers les côtes de la Méditerranée, jusqu'en Inde et en Asie du Sud-Est. Dans le passé, le paludisme était fréquent dans les marais Pontins, autour de Rome et son nom a été tiré de l'italien (mal-aria ou "mauvais air"). Il était aussi connu sous le nom de fièvre romaine.

Le paludisme grave conduit rapidement à la mort.


       
De nos jours, environ 500 millions de personnes en Afrique, en Inde, en Asie du Sud-Est et en Amérique du Sud sont exposés au paludisme endémique auquel sont attribués deux millions et demi de décès par an, dont un million d'enfants.

En pratique on étiquette comme Paludisme grave l'association d'une goutte épaisse positive à un des signes de gravité suivantes:
                                    Somnolence, confusion ou incapacité de marcher,
                                        Coma,
                                            Convulsion,
                                                Anémie sévère (muqueuse très pâle),
                                                    Ictère (yeux jaunes),
                                                        Difficulté respiratoire,
                                                            Etat de choc,
                                                                Urine foncée (coca cola),
                                                                    Insuffisance rénale (urine rare),
                                                                        Hémorragie spontanée,
                                                                            Hypo glycémie,
                                                                                Acidose.

        Quant au paludisme simple, il ne comporte pas de signes de gravité. Il se traduit par une fièvre, parfois des frissons, des maux de tête, une inappétence, des nausées ou vomissements, des courbatures, des urines un peu foncées. Il précède souvent le paludisme grave.

 


La prise en charge d'un paludisme grave chez l'adulte et chez l'enfant est une urgence.
Tout paludisme grave doit être hospitalisé en réanimation.
 


RECAPITULATIF : Le paludisme est une affection due à la présence dans le sang d'un parasite unicellulaire (un protozoaire) du genre Plasmodium à cycle diphasique : cycle à deux hôtes indispensables, l'homme et l'anophèle, son vecteur biologique. Le paludisme humain n'a pas d'hôte réservoir.
Sur plus d'une centaine d'espèces de Plasmodium parasitant des mammifères, des rongeurs, des oiseaux ou même des batraciens, seul quatre sont spécifiques de l'homme et peuvent déclencher la maladie sous des formes plus ou moins grave. Ce sont :

  1. Plasmodium falciparum à l'origine de la fièvre tierce maligne (espèce prédominante et responsable de 90% de la mortalité due au paludisme) ;

  2. Plasmodium vivax à l'origine de la fièvre tierce bénigne avec des rechutes à long terme ;

  3. Plasmodium ovale à l'origine de la fièvre tierce bénigne avec des rechutes à long terme ;

  4. Plasmodium malariae à l'origine des fièvres quarte.

 

Le diagnostic repose sur la mise en évidence du parasite dans le sang par un examen qui peut être réalisé par tout laboratoire.
Le prélèvement doit être fait immédiatement, sans attendre un frisson ou un pic thermique.
Le frottis sanguin est la technique la plus utilisée en laboratoire polyvalent ; c'est une technique rapide qui permet une bonne identification de l'espèce et le calcul de la parasitémie. Il peut être mis en défaut dans les formes pauci parasitaires.
La goutte épaisse, plus sensible, est l'examen de référence mais sa lecture est plus délicate.

 

L’accès pernicieux ou paludisme pernicieux ou neuropaludisme

Ce syndrome malin du paludisme est très redoutable car mortel. Il frappe en zone endémique des sujets non prémunis, non soumis à une chimioprophylaxie, et des enfants dépourvus d’anticorps transmis. Les sujets atteints sont intensément parasités par Plasmodium falciparum qui va rapidement se multiplier dans les vaisseaux capillaires profonds viscéraux et notamment dans les capillaires encéphaliques. Les hématies parasitées présentent des knobs ou protubérances et ont alors une affinité immunologique pour les cellules endothéliales des capillaires viscéraux, créant ainsi par leur agglomération un encombrement vasculaire, point de départ des réactions aboutissant à une anorexie tissulaire responsable d’une encéphalopathie aiguë. Soyons franc, le mec atteint d’un accès pernicieux se fout de ce que je viens de vous raconter, il n’a en effet que 48 à 72 heures pour régler sa succession si un traitement ne lui est pas instauré d’urgence…

Le début de l’accès pernicieux peut être insidieux ou brutal avec une fièvre atteignant 40, 41 voire 42°C. Le pouls s’accélère. D’emblée des troubles psychiques confusionnels ou délirants dominent la scène, associés éventuellement à des troubles neurologiques tels que mouvements anormaux, troubles du tonus, abolition des réflexes tendineux, aboutissant rapidement à un coma plus ou moins entrecoupé de convulsions. Que va découvrir le médecin appelé de toute urgence au chevet de ce malade ? Son examen clinique pourra mettre en évidence :

  • une splénomégalie, signe de défense et de bon pronostic.
     
  • une hépatomégalie (cette fois ce n’est plus la rate qui s’dilate mais le foie…), signe de mauvais pronostic.
     
  • une anémie hémolytique accompagnée d’un ictère qui accroît l’anoxie tissulaire. Là aussi, le pronostic est mauvais et le médecin ferait mieux de céder sa place au notaire.
     
  • une insuffisance rénale due à la déshydratation intense du sujet et aux troubles de la microvascularisation rénale.
     
  • un état de choc avec hémoconcentration : l’azotémie et la kaliémie sont très élevées. Attendez, je vous traduis ça en termes plus compréhensibles : l’azotémie, c’est le taux d’urée sanguine, et la kaliémie, le taux de potassium sanguin.

Si le diagnostic est précoce, si un traitement est instauré d’urgence, la guérison est de règle et sans aucune séquelle le plus souvent. Mais toutes les minutes comptent…, sinon l’évolution est fatale dans les 2 ou 3 jours.
Écrit par
Denis DELAVAL.
http://www.fleur-blanche.org/dossiers/paludisme/bulletin21-infospalu4.htm